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La luciole attend la nuit pour briller

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La luciole attend la nuit pour briller

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Une Blanche du Canada, un Noir du Cameroun : l’Afrique mère de l’humanité reçoit en son sein son enfant venu de loin.

Une femme et un homme, le Nord et le Sud, le blanc et le noir, le yin et le yang.

Quel trésor de contrastes, de contradictions et de contraires !

Elle vient de loin pour lui. Il est étranger pour elle. Ses traditions qu’elle découvre. Ses valeurs qu’il savoure.

Or, ils ne sont pas si différents l’un de l’autre. Ils s’ignorent tout simplement.

Une bouteille de Castel (bière locale) ou deux, une danse.

au son des tambours
tes épaules et tes fesses
frénétiquement

Amour de voyage, le temps si éphémère d’un séjour. Désirs concupiscents de quelques nuits assouvis.

cette femme blanche
pour ta chair de safou noir
corps et âme flanchent

Puis, ils se quittent. Il est temps pour la Blanche de retourner.

La fréquence des appels et des courriels est réduite.

Impossible amour que l’éloignement atténue davantage.

Impossible rêve. Impossible connexion entre Nord et Sud.

Diane Descôteaux et Gervais de Collins Noumsi Bouopda relatent, dans une suite de haïkus intenses et passionnés, l’histoire triste, mais combien fréquente, d’une union entre homme et femme que le destin sépare. Leurs souvenirs entretiennent leur espoir dans une poésie émouvante.

t’aimer pour toujours
cela pourrait m’arriver –
un beau jour…peut-être

Denis-Martin CHABOT
auteur & journaliste

Recension(s)

Avec Diane Descôteaux et Gervais de Collins Noumsi Bouopda, la poésie sous la forme de haïku n’attend pas la nuit pour briller.

L’image du poète solitaire et marginal est totalement écornée à travers des réalisations qui réunissent de réels talents. Cette mise en valeur dispose d’atouts remarquables qui se situent au niveau des points communs comme dans le domaine de la diversité.

Les spécificités de l’écriture d’origine japonaise, dans la forme de haïku créent le lien et forgent l’unité. Mais la diversité des auteurs apporte une richesse infinie.

Diane Descôteaux offre sa féminité et l’âme de son pays aux espaces immenses et aux hivers légendaires. Le Québec imprègne l’inspiration de rêves et de voyages.

Gervais de Collins Noumsi Bouopda ouvre les portes de l’Afrique et du Cameroun dans ses rythmes, son soleil et ses couleurs en fusion.

Et c’est ainsi qu’au fil des pages apparaît un échange de mots et d’images formidablement bien mis en valeur par la technique du haïku.

Pour compléter la panoplie internationale, la préface est réalisée par le Professeur Giovanni Dotoli de l’université de Bari Aldo Moro en Italie, et les illustrations, sous forme de peinture haïga, sont de Ion Codrescu d’origine roumaine.

La maison d’édition L’Harmattan, située à Paris, donne toute la valeur de la langue française comme vecteur de communication et d’échanges.

Trois continents, Afrique, Amérique et Europe se rencontrent dans cet ouvrage autour de la langue de Molière, porteuse d’une culture forte d’humanité et d’universalité.

Avec des acteurs pertinents d’une mondialisation culturelle, ouverte et créatrice, la luciole peut illuminer son univers d’une poésie authentique, humaine et éclairée.

Joël CONTE

La luciole attend la nuit pour briller

Je passe rapidement sur Artémis, divinité grecque, toujours munie d’arcs et de flèches, qui sera identifiée plus tard à Diane, déesse italique et romaine, adorée par les Latins. D’accord ?

Intéressons-nous plutôt à l’écriture duelle. Cependant je ne m’attarderai pas sur l’organisation temporelle linéaire du récit proposé. L’intérêt de cet ouvrage ne résidant pas, à mon avis, dans cette analyse conventionnelle. On en connaît une situation géographique,

La luciole attend la nuit pour briller

écrire en duo – / instant de complicité / et de pure joie

Effectivement, pour qui ne l’aurait pas encore expérimenté, cet échange renferme une énorme richesse symbolique relationnelle. Alors, quand Diane écrit Je dédie cet ouvrage à vous tous qui nous lirez en vous de- mandant si cela fut ainsi qu’il est dit dans ces pages et qu’elle m’induit dans sa dédicace personnelle vers il te restera à deviner si ce conte pour adultes relève de la fiction ou de la réalité, j’ai pensé que ma recension serait plus profonde en explorant le monde du poète et de la réalité.

Le poème est-il rêve ou réalité ? L’écrit est-il fruit d’une imagination ou d’une réalité ? Est-il si important pour nous lecteurs de savoir, ici, si le lien amoureux, fougueux et plein de désirs, relève d’une réalité – ou d’une vérité? Ces questions ne cacheraient-elles pas simplement le pouvoir et le brio d’un écrivain de nous « faire croire au réel » ?

Le réel est tout ce qui peut aller contre les désirs de l’homme et contre lequel on ne peut agir. S’il est le caractère de ce qui existe en fait, il échappe au symbolique insaisissable. Ne pas le confondre avec la réalité, ici l’échange fondé sur la rencontre qui passe par le biais du langage.

On peut s’interroger sur la place de la réalité dans la littérature (qui est elle-même inconcevable en dehors d’une réalité multiple et variable, indissociable de la vérité). La vérité serait copie conforme et dépendante de la réalité. Il est à ce titre très intéressant de parler ici de la mimésis, copie littérale du réel, construction d’un réel dont la poésie s’est emparée pour idéaliser. D’où le rôle du poète de ne pas dire ce qui a réellement eu lieu, mais « ce à quoi on peut s’attendre, ce qui peut se produire conformément à la vraisemblance ou à la nécessité »[1].

Le poète serait donc « un miroir trompeur » qui, comme le peintre, trompe l’œil – dangereuse illusion. L’écrivain réaliste ne peut livrer qu’un réel illusoire, sa préoccupation étant de « savoir comment donner cette impression de réalité »[2]. Le réel, c’est une simple construction de la pensée, produit de représentations men- tales régies par des conventions précises.

Je reviens à mon interrogation première : le poème est-il rêve ou réalité ? Bachelard a écrit « Le poète est celui qui a le pouvoir de déclencher le réveil de l’émotion poétique dans l’âme du lecteur ». Alors comment ? Devant une « beauté »[3] ? Avec une abondance d’images ? Ou simplement avec le jeu des sons, le poète étant, bien loin d’habiter dans les nuages, l’être qui vit au plus près de son corps, au plus près de ses sens.[4]

« L’image est avant la pensée » précise encore Bachelard. Elle vient de la conscience et le poète (moderne) écrit en étroite relation avec son être intérieur : peindre avec les mots les images exactes de la réalité. Alors faut-il se demander encore s’il y a écriture d’une réalité ? Ou bien se mettre en accord sur le rêve poétique, alliance des mots qui viennent ainsi parfaire la relation avec elle ? L’intérêt évident du pouvoir de l’écrivain-poète est d’offrir une atomisation des échanges vers l’infini.

Tout ceci pour te dire quoi, Diane ? Pour vous féliciter, Gervais et toi, d’avoir l’âme du poète qui, rêveur éveillé, sait utiliser les mots pour repeindre des images exactes. L’exactitude a-t-elle un rapport avec la réalité ? Non, et ça m’est bien égal de savoir si votre récit relate un vécu ou non. Il m’emporte. Vous avez côtoyé La poésie de la rêverie[5]. Vous êtes des poètes. Réellement.

Alain LEGOIN
La Lettre de Haïkouest
Édition n°34, juin 2014

[1] Aristote : La poétique
[2] C. Becker : Lire le réalisme et le naturalisme
[3] J’ai horreur de ce mot.
[4] Il est intéressant de noter à ce sujet, que la sensualité est un manque d’intérêt dans le monde occidental, notre éducation repoussant les plaisirs des corps, des jeux de l’amour ou du simple plaisir de vivre – contrairement au monde oriental.
[5] Bachelard

La luciole attend la nuit pour briller

recueil de haïku –
fruit de l’imagination
ou réalité

Peut-on parler de haïku ?

Cette histoire d’amour est-elle véritable ?

Questions incontournables mais pourtant inutiles. Là n’est pas l’essentiel.

Quand une Québécoise va à la rencontre d’un jeune Camerounais, la luciole attend la nuit pour briller dans un conte à mi-chemin entre carnet de voyage et journal intime.

Exercice difficile qui aurait exiger, dans le premier genre, d’ôter tout haïku qui n’est autre qu’un bon souvenir pour leurs auteurs et, dans le second, de trouver un équilibre entre les deux voix pour accentuer le rythme.

soirée de novembre –
viande de porc et boisson
dans un snack sympa

Malheureusement la parité n’est pas de mise et Diane Descôteaux, reconnaissable à son style rimé emprunté aux premiers haïjins français, s’accapare les 3/5 du volume.

jalouse du fruit
que tu portes à ta bouche
je veux être lui

Malgré tout, on se laisse porter par cette histoire où deux corps, noir et blanc, se cherchent et s’unissent « de haïku en haïku, vers l’amour, le sensuel et le sexuel, le matériel et le spirituel. »

Cette histoire en haïkus (chemin déjà emprunté par Lutz Bassmann avec ses Haïkus de prison) ne laisse pas indifférent.

Et c’est bien là l’essentiel.

Dominique CHIPOT

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