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De cœur et de chair

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De cœur et de chair

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Dans ces temps modernes, à l’aube de ce nouveau millénaire où beaucoup de jeunes ne vivent plus que l’amour « kleenex », comment ne pas couronner cet hymne à l’Amour que nous offre Diane Descôteaux, sous la forme d’un bouquet de sonnets passionnés, parsemés de rondels.

Car il s’agit bien du véritable Amour avec un grand A, de l’Éternel Amour dont rêve chacun au plus profond de son cœur, celui qui épanouit, dynamise, ensorcelle au-delà de la raison, celui qui fait vibrer à l’unisson « le cœur et la chair », celui dont témoigne l’auteur dans son « Modus Vivendi » qui s’exhale par ce cri : « Vivre d’amour, mourir d’amour »… « à jamais pour la vie »!

Sensible au pouvoir des mots, au rythme et à la musicalité qui se traduisent dans l’harmonie de chaque vers, Diane nous fait partager ses deux amours : le plaisir d’aimer et celui de créer.

Quand vous saurez enfin que notre amie est Québécoise (elle l’est devenue au fil des pages, lointaine et pourtant si proche) vous comprendrez aisément son amour de la langue française et son credo ainsi libellé : « Telle est la poésie classique, pleine de cette puissance qui tente d’investir l’âme du lecteur de Beauté, de Sensualité, de Magie dans un mouvement furieux de révolte contre le sommeil de l’être…  Elle est le jaillissement de l’âme sur l’être, le rebondissement de l’essence sur la matière, la résurgence du rêve sur la réalité parfois déconcertante »…

Yolaine & Stephen BLANCHARD

De cœur et de chair                                                                     

MA  MUSE  BIEN-AIMÉE

Comme mon lit est froid quand l’amante infidèle
Ne rentre point la nuit me border de son aile,
Poursuivant son chemin!
Chez un autre peut-être accours-tu vagabonde
Pour reposer ton front jusqu’à l’aurore blonde
En lui tenant la main.

Reviens me visiter ma Muse bien-aimée,
Toi qui rends à souhait chaque fibre animée
Dans les fastes du jour;
Viens réchauffer mon cœur de ton souffle anonyme,
Fais-y naître les vers, accordes-y la rime,
Pleine d’un fol amour.

Ton visage apparaît des célestes guipures
Et je connais ta voix dans le chant des eaux pures
Qui déroulent ses flots;
Je te sais dans le vent qui caresse l’avoine,
Dans l’humide parfum de la neuve pivoine
Où perlent tes sanglots.

Et dans les maints sonnets que le chantre rédige,
Tu mêles ta magie à son moindre vertige
Tel qu’un premier levain;
Alors sur le papier tu fais courir la plume
Et tu forges l’esprit, sur ta brûlante enclume,
De l’heureux écrivain…

           

DANS  UN  RÊVE

Votre absence me cause un étrange chagrin
Qui pèse sur mon cœur, l’empoigne, le torture,
Puis le gonfle à ce point qu’il en craint la rupture
Et risque d’éclater pour épancher son grain.

Dans mon égarement, je vous caresse un brin
D’une main fort habile, ô fougueuse monture,
Et vivement j’enfourche, avec désinvolture,
Votre chair qui se tord sous l’ardeur de mon rein.

Je sens votre fragrance animale et piquante,
Cette douce moiteur que votre peau décante
Lorsque, sur moi, vos bras referment leur étau.

Ne puis-je vous aimer qu’une minute brève
Sans que l’horloge fasse entendre son marteau
Et me tire d’un somme où vous n’étiez qu’un rêve…

 

MODUS VIVENDI 

Avant que d’être un homme alors qu’il vient de naître,
D’âge immémorial, le jeune enfant, peut-être,
Rêve d’amour, d’un peu d’amour…

Douze ou treize ans plus tard, dans une balancelle,
Oyez les jouvenceaux, à quelque jouvencelle,
Parler d’amour, rien que d’amour…

Puis voyez cette horde, en pleine adolescence
Dont la chair et le cœur ne sont qu’effervescence,
Chercher l’amour, encor l’amour…

Or, ainsi qu’une abeille allant de rose en rose,
Le galant va de même et, dans la fleur éclose,
Trouve l’amour, enfin l’amour…

Il croise celle-là, qui deviendra sa mie,
Avec laquelle il veut, à jamais, pour la vie,
Faire l’amour, toujours l’amour…

Voilà que, désormais, n’ayant plus d’yeux pour d’autre,
Son modus vivendi se lit comme le nôtre:
«Vivre d’amour, mourir d’amour»…

dédié à Serge Fortin

 

Recension(s)

mercredi 30 décembre 2015

               #6 Top 10 Noël 2015

Diane Descôteaux nous offre un florilège de poésies d’antan dont elle nous régale en sonnets, rondeaux et rondels. Ces termes pouvant paraître étrangers à certains d’entre vous, expliquons-en les nuances afin que vous puissiez les reconnaître et les savourer en feuilletant les pages de ce délicieux recueil qui nous a tant enthousiasmé.

Rondeau

Poème de forme fixe de treize vers de longueur variable, composé sur trois strophes dont les deux dernières reprennent le tout premier hémistiche. Il trouve son apogée aux XVIe et XVIIe siècles. Il a évolué au fil des siècles, rondeau simple codifié par Adam de la Halle (1240-1287) et Guillaume de Machaut (1300-1377). Il donna naissance à différentes formes, le rondinet, le rondeau et le rondeau redoublé dit aussi rondeau parfait dont la forme fut codifiée par Clément Marot et dont Jean de La Fontaine nous donna quelques exemples.

Rondel

Issu du rondeau, le rondel est un poème à forme fixe construit sur deux rimes et comportant un refrain. Il est souvent composé de treize vers octosyllabiques répartis en trois strophes. Le refrain du rondel est formé de ses deux premiers vers que l’on retrouve à la fin de la deuxième strophe puis de son premier vers que l’on retrouve à la fin de la troisième. On peut trouver quelques variantes, le refrain final peut en effet se composer des deux premiers vers, les  strophes comptant parfois un vers de plus ou de moins et certains rondels sont en vers décasyllabiques. Certains rondels doubles sont formés de quatre quatrains.

D’origine française, très en vogue du XIVe au XVIe siècle, il fut repris par quelques poètes en France ou en Europe vers la fin du XIXe siècle, le plus célèbre d’entre eux fut « Le Printemps » de Charles d’Orléans.

Sonnet

Forme de poème de quatorze vers dont la répartition typographique peut varier, deux quatrains et deux tercets ou un seul sizain final et dont le schéma des rimes varie soit librement soit en suivant des dispositions régulières, la longueur du vers n’étant pas fixe en français.

Le sonnet est un genre qui a été pratiqué dans la majeure partie de l’Europe tant dans les poésies syllabiques que rythmiques. Dans la littérature française il fut utilisé par de nombreux poètes : Joachim Du Bellay, Pierre de Ronsard, Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, José-Maria de Heredia…

La disposition des rimes de Pétrarque (deux quatrains en ABBA ABBA fixes, puis souvent deux tercets CDE CDE, CDC DCD ou CDE DCE) est modifiée par Marot  enABBA ABBA CCD EED puis, en 1547 par Peletier en ABBA ABBA CCD EDE. Le premier schéma est dit, abusivement, « sonnet italien » ou sonnet de type « marotique », le deuxième, « sonnet français » ou sonnet de type Peletier. En 1552, dans Les Amours, Ronsard adopte les deux dispositions françaises, ce qui a contribué à imposer ces deux formes concurrentes. À la fin de sa vie, alors qu’il avait pris beaucoup de liberté avec la disposition des rimes, notamment dans les Sonnets pour Hélène, Ronsard revient dans ses Derniers Vers, sur les deux modèles français réguliers. Il a tout de même rajouté une difficulté supplémentaire : l’alternance des rimes féminines et masculines. Il emploie également massivement dans ses sonnets ce qui deviendra le vers par excellence de la langue française : l’alexandrin. Sur la mort de Marie en est un flagrant exemple.

Qu’en penser ?

Dans une préface magistrale et enflammée à l’image du recueil, signée « Yolaine & Stephen », le lecteur est averti. Diane Descôteaux nous offre un véritable hymne à l’Amour. Elle nous assène en guise de flèches des sonnets et de la poésie médiévale que certains d’entre nous ont à tort oubliée, en plein cœur. Assurément son prénom n’est pas usurpé, quel bonheur !

Diane n’est-elle pas la fille de Zeus et de Léto, sœur d’Apollon, née dans l’île de Délos ? Au cas où vous en douteriez, ses poèmes sont là pour vous le rappeler. De rime en rime, de sonnet en sonnet effleuré parfois par quelque rondel, elle nous parle d’idéal, d’amour courtois, de Pénélope qui attend son Ulysse, de Don Quichotte enquête d’Absolu.

Nous sommes happé par cette poésie aux sonorités d’autrefois et tant aimée, nous plongeons avec elle au cœur de ses tourments, l’absence, le souvenir, les amours secrètes, le temps qui inexorablement passe.

Cette plume exhale un parfum tant délicat que tenace de sensualité d’où la métaphore n’est pas exclue, elle est son arme tantôt révélatrice tantôt déclarative pour toucher le lecteur en plein cœur.

Diane Descôteaux ne se contente pas d’utiliser une forme de poésie ancienne pour conjuguer l’amour à notre époque, elle s’autorise une évasion dans le XIXe siècle empruntant des accents lyriques avant de nous propulser vers le moyen-âge. Ses mots, rimes, et musicalité s’unissent pour une exploration des temps où la mythologie est son invitée. Nous ne nous en plaindrons pas.

Heureux Serge Fortin à qui la plupart des poèmes sont dédiés, Jean Fortin n’étant pas en reste, que n’avons-nous, pauvre lecteur, une déesse pour nous chanter l’amour, la cithare au bout des doigts ? N’entendez-vous pas s’élever de ces pages quelques notes cristallines issues de la musique grecque antique que nous croyions disparue depuis quelques siècles déjà ?

Notons que l’illustration est de Robert Roy.

Le recueil De cœur et de chair est assurément un cadeau à offrir ou à s’offrir. Il plaira à tous les amoureux de la poésie qu’elle soit contemporaine ou pas. Nous restons convaincu que quelques plumes à la lecture de ces vers finement ciselés se réveilleront. Il vous donnera certainement envie de découvrir ou redécouvrir nombre de nos poètes classiques qui dorment sur les rayonnages de vos bibliothèques.

Anne BERTHIER

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